14.01.2010
Histoire: Jeannine Flaugère, une mémoire entretenue

Jeannine Flaugère, à droite, en 1982.
Jeannine Flaugère, professeur agrégée d'histoire, aujourd'hui disparue, est à l'origine du livre Uzès et l'Uzège, 20 siècles d'histoire qui sera présenté à la médiathèque samedi à 16 heures.
Spécialiste des questions protestantes, l'auteur signe avec Martine Peyroche d'Arnaud, dans cet ouvrage, le très riche chapitre consacré à la Réforme et à la Renaissance (1492-1598) à Uzès.
En 2000, Jeannine Flaugères qui était alors présidente de la Société historique de l'Uzège avait déjà fait état de sa recherche dans ce domaine par une collaboration au livre Itinéraires protestants en Languedoc paru sous la direction de Patrick Cabanel aux Presses du Languedoc.
Uzès où des Abauzit aux Gide s'est écrite une page de l'histoire culturelle de l'Europe y tenait, évidemment, une large place. Jeannine Flaugère, qui travaillait alors à un ouvrage global sur l'Histoire d'Uzès, y publiait un texte inédit. Patrick Cabanel ayant écrit la riche chronique forcément incomplète d'une ville épiscopale, Uzès, qui fut aussi, à travers les siècles, une capitale huguenote.
Elle lui laissait le soin de parler du capitaine Merle dont la mémoire est perpétuée dans la rue de la Petite Bourgade par la fameuse auberge du Merle, centre de réunion des chefs huguenots de la région, de l'importance d'Uzès place forte de sûreté huguenote au moment de l'Edit de Nantes, de trois siècles d'intellectuels d'origine uzétienne : Firmin Abauzit, esprit universel admiré par Voltaire ; Pierre Coste, ami du philosophe Locke ; Jean Mercier, professeur d'hébreu au collège de France ; Moïse Charras, auteur d'une Pharmacopée royale, galénique et chimique ; Charles Fauvety, fondateur de La solidarité ; la famille Gide, Charles, le père de L'école de Nîmes ; Théophile, secrétaire de Rabaut Saint-Etienne ; Jean-Pierre Tancrède, juge de Paix ; Paul agrégé de droit ; André, prix Nobel de littérature de la guerre des Camisards, des assem blées du Désert dans l'Uzège.
Jeannine Flaugères proposait un itinéraire de découvertes à Uzès. L'ancien temple protestant, construit en 1567, rue de la Ferté-Milon actuelle, détruit en 1685 et dont ne subsistent que la porte du numéro 8 de la rue du D r Blanchard et un long couloir.
L'actuel temple protestant est installé quant à lui, en 1791 dans une ancienne église des Cordeliers. L'auberge du Merle, l'ancien couvent de Notre Dame, 2 boulevard des Alliés, où étaient enfermées les jeunes filles nouvellement converties, la place de la République (aux Herbes) où se trouve l'hôtel du baron d'Aigaliers... Elle s'égarait aux environs d'Uzès dont les mas servirent de refuge aux fugitifs et à certains prédicants, le mas de Coteau, notamment, où furent surpris deux "prophètes" (Abraham Mazel et Pierre Claris). Ces pages se retrouvent dans le nouveau livre sur Uzès.
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29.12.2009
Histoire: le Barri derniers vestiges d'importants remparts

L'histoire revisitée d'Uzès qui vient de paraître survole certains détails
Pour mettre un terme à la troisième guerre de religion, dite de Rohan, Richelieu fut chargé de ramener à la raison le duc de Rohan nommé chef et généralissime des églises réformées de France, suite à une réunion, qui se tint à Uzès, le 10 septembre 1627, des députés (72) des diverses villes concernées.
Pour réprimer la révolte du Midi, quatre corps d'armée furent ainsi mobilisés dont un autour de Nîmes et Uzès. Après la signature au château de Saint-Privat de la paix d'Alais, le 27 juin 1629, Louis XIII se mit en marche pour Uzès qui était alors la cinquième ville du parti protestant en France et la troisième en Languedoc. Arrivé à Collias, il annonça son entrée à Uzès pour le 1 er juillet et demanda d'ouvrir une brèche dans les fortifications. Cette brèche fut ouverte au Portalet, à hauteur de la rue Saint-Théodorit qui mène à la tour du Roy. Un arc de triomphe, décoré de buis, de fleurs et de devises fut dressé, avec au-dessus un tableau représentant « le roi à cheval armé de pied en cape, sa lance sur la cuisse et tout couronné de lauriers ». Le premier consul, Jean de Janas, offrit au roi les clés de la ville dans un bassin d'étain fin. Richelieu arriva une heure après. Le maréchal Bassompierre fut chargé par Louis XIII de visiter les fortifications de la ville et de lui adresser un rapport. Le roi, le cardinal et leur suite restèrent plusieurs jours à Uzès où fut rédigé l'édit de paix conclu à Alais, publié à Nîmes, qui confirmait celui de Nantes et mit fin au parti calviniste. Le 14 juillet, le roi quitta Uzès emportant sept pièces d'artillerie. Il chargea le maréchal de Bassompierre de veiller à la démolition des fortifications, à l'exception de ses murs d'enceinte et de ses tours. Les frais de démolition furent répartis entre toutes villes du diocèse. Il faudra attendre 1765 pour que les remparts et les tours devenues inutiles soient complètement démolis.
Il existe peu de vestiges de ces fortifications si ce n'est la porte de la rue Saint-Étienne et le barri (dérivé de barrière qui était une enceinte fortifiée autour d'une porte) qui prolonge le plan de l'église Saint-Étienne surplombant le boulevard Victor Hugo. Sur les vestiges du rempart sont construites plusieurs maisons, certaines ont été récemment restaurées, la rue qui les dessert plongeant vers le Portalet par un impressionnant escalier. Dans l'épaisseur de la muraille se sont installés des commerces : restaurant, café, bourrelier, pressing. Sans le savoir le promeneur est là au coeur de l'histoire d'Uzès.
Sources : Histoire de la ville d'Uzès de D'Albiousse (1903).
08:28 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : barri
12.10.2009
Conférence: Abraham Mazel le dernier des Camisard
Une conférence à l'image du thème "Abraham Mazel le dernier des camisard", animée par Jean-Paul Chabrol, se tiendra à la médiathèque, samedi 17 octobre à 17 heures.
Abraham Mazel est l'une des figures les plus emblématiques de la guerre des Camisards, période d'imbrication du prophétisme et de la révolte armée.
Le 14 octobre 1710 aux environs d'Uzès, au Mas du Couteau, Abraham Mazel et Pierre Claris, trahis par un proche, sont encerclés par un détachement Royal. Abraham est tué ; Claris, blessé, sera exécuté quelques jours plus tard à Montpellier. C'est la fin de la guerre des Camisards.
Abraham Mazel, chef Camisard, né à Saint-Jean-du-Gard en 1675, fut l'un de ceux à l'origine de l'insurrection dans les Cévennes en 1702 en tentant de délivrer les prisonniers détenus au Pont-de-Montvert. Le meurtre de l'abbé du Chayla déclenche la guerre. Aux troupes royales appelées pour arrêter les séditieux s'opposent de petits groupes d'insurgés, les Camisards. Capturé en 1705, Abraham Mazel s'évade de la tour de Constance à Aigues-Mortes et, bénéficie d'une amnistie, il reçoit l'assurance d'être conduit à Genève avant d'être condamné à la prison à perpétuité, d'où il réussit à s'évader de nouveau. Une fois rentré en France, il organise la résistance dans le Vivarais ; mais ses compagnons sont tués et lui-même, couvert de blessures, se retire sur ses terres natales et travaille au lancement d'un nouveau soulèvement. Il résiste, jusqu'au moment où il est surpris dans sa maison, à Uzès, alors qu'il était en conférence avec Claris et le marchand Coste.
Jean-Paul Chabrol a déjà publié aux éditions Alcide (Nîmes), Élie Marion, le camisard aux semelles de ven t (1678-1713) ; Abraham Mazel, le dernier camisard (1677-1710).
Contact au 04 66 03 02 03 Internet : uzes-mediatheque.com
08:22 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mazel
08.09.2009
Mémoire: à propos de la Libération d'Uzès
Les divers articles sur la Libération d’Uzès ont fait naître une confusion. Le commandant Vigan-Braquet était le chef du maquis des Ardennes. Le colonel Braquet que d’anciens uzétiens ont connu, joua effectivement un rôle important dans notre ville pendant la période d’occupation comme président de la section locale de la Légion, qui "adjura les Français de s’unir derrière le Maréchal pour assurer le relèvement de la France" (Journal d’Uzès août 1943) et en soutenant la politique menée par Philippe Henriot accueilli au Duché (Journal d’Uzès setembre 1943).
On peut noter que notre Journal local géré et imprimé par Charles Malige qui avait choisi la voie du soutien au Maréchal fut interdit en 1944 après la Libération d’Uzès.[
08:36 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libération
01.09.2009
Libération: les Allemands détruisent le Pont Saint Nicolas

Si ce n'est les pertes humaines, Uzès est sortie indemne de la dernière guerre mondiale. Dans leur fuite, les Allemands ne commirent pas d'exaction, si ce n'est le vol de bicyclettes, de charrettes et de chevaux, ni destruction. Et même les aviateurs anglais qui les mitraillèrent évitèrent les toits, les rues et les places de la ville. Les tours de la cité des Ducs tremblèrent cependant lorsqu'un bombardier américain se délesta de deux bombes, qui tombèrent dans un champ en contrebas de la modeste voie de chemin de fer. Etait peut-être visée la gare, à deux kilomètres, vide de tout convoi.
Le pont Saint Nicolas, en ravanche, reliant Uzès à Nîmes a été moins heureux. Le vénérable ouvrage construit au XIIIe siècle, a résisté sans dommage aux Guerres de Religion et à de nombreuses gardonnades avant de se trouver terrassé par une armée en déroute qui avait pris conscience de son importance stratégique.
Le débarquement des troupes alliées en Provence à la mi-août 1944, incita la 19 e armée allemande à effectuer un repli sur Lyon et l'Alsace pour ne pas être prise en tenaille. Sur ordre d'Hitler, la 11 e Panzer Division, qui était la seule division blindée stationnée dans le sud de la France, se portait au devant des troupes franco-américaines. Les ponts sur le Rhône, de Port- Saint-Louis à Lyon, avait été mis à bas. Les troupes allemandes commencèrent à traverser le Gard à partir du 20 août. L'aviation alliée, surtout les Anglais, et les attaques des maquisards, notamment ceux du corps franc des Ardennes, leur assurèrent un harcèlement de tous les instants.
Le 23 août, à hauteur de la Bégude de Sainte-Anastasie, un dernier détachement allemand, jugeant que le gros des troupes était passé, procéda à la destruction des véhicules rendus inutilisables par les mitraillages incessants, et des munitions qu'ils ne pouvaient emporter. Le lendemain, ils firent sauter deux arches du Pont Saint-Nicolas. Geste totalement gratuit car leurs poursuivants ne venaient pas de là. Il restait à la population à dégager les chevaux morts en grand nombre et à établir une passerelle en bois pour traverser le Gardon.
07:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pont st nicolas
27.08.2009
Histoire: retour à Uzès il y a soixante-cinq ans



Demain, à 18 heures, devant le monument aux Morts, sera commémoré le 65e anniversaire de la Libération d’Uzès. Remarquons qu’il convient en l’occurrence d’écrire "Libération" avec une majuscule car il s’agit d’un fait historique propre à toute la France, Uzès pour la circonstance, n’ayant pas été libérée car elle n’était plus occupée. En effet, les troupes allemandes étaient en déroute dans notre région depuis le débarquement en Provence (15août 1944). «<Elles fuyaient, dit-on, plus vite que leurs ennemis avançaient.» Au passage près d’Uzès, sur les routes venant de Remoulins et de Nîmes et allant vers Bagnols, elles furent sévèrement mitraillées par l’aviation anglaise, laissant sur place camions et contenu, pour fuir en empruntant souvent chez l’habitant vélos et motocyclettes. Si bien que le 24<TH>août, il n’y avait plus de soldat allemand dans Uzès et à proximité. Suite à l’intervention d’un détachement du maquis de Vallonières commandé par le lieutenant Schmilewski, le maire M.Martin pouvait être destitué, le drapeau tricolore apparaître sur l’Hôtel de ville et s’installer un comité de Libération provisoire.
Les témoignages d’Uzétiens ayant vécu cette période sont fort intéressants. Il faut se rappeler qu’Uzès était une petite ville de 3000 habitants, qui vivait repliée sur ses quartiers et où, hormis 2 jeunes Uzétiens, Georges Allègre et Lucien Crouzet tués le 21<TH>août par des occupants aux aguets et une intervention sans casse de maquisards à la Caisse d’Epargne, il ne se passait pas grand-chose. Pas étonnant donc que les gens des Bourgades s’enfuient à la moindre alerte vers les Pins Bérard et, qu’à la fin des mitraillages, ils aillent voir du côté de la route de Nîmes où des adolescents trouvèrent dans un camion un chargement de chocolat et ramenèrent des armes et des munitions dans l’ancienne auberge du Merle qui était leur terrain de jeu.
L’importance du 28 août 1944 est à deux niveaux.
Dans un premier temps, le commandant Vigan Braquet qui était le chef du maquis des Ardennes, implanté à Rochefort-du-Gard, entra dans Uzès avec quelques résistants et une escorte du 2e régiment des spahis algériens composée d’une jeep, d’un 4X4 et d’une automitrailleuse et installa un comité de Libération. Peu après, investit la ville le sous groupement de Laprade de la 1re DB. La fête pouvait s’installer et les enfants recevoir mille friandises des soldats français ou américains.
Un mois plus tard, le dimanche<TH>14 septembre, l’événement était commémoré pour la première fois et la population uzétienne prenait connaissance du lourd tribut qu’elle venait de payer à la Guerre. Le 11 novembre qui s’ensuivit fut celui de l’émotion pour les enfants des écoles qui se trouvèrent au premier rang devant le monument aux Morts avec leurs bouquets de fleurs et entonnèrent cette Marseillaise apprise en classe.
08:28 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libération
12.08.2009
Inclinaison: Deux journées dédiées au livre d'histoire

La maison uzétienne d'édition Inclinaison organise samedi 15 août et dimanche 16 août, dans la vaste cour de l'ancien Evêché, les journées du livre d'histoire.
Si l'on en croit les récentes enquêtes d'opinion, l'histoire fait partie des principaux centres d'intérêt de nos concitoyens. Un des principaux supports du travail des historiens reste plus que jamais le livre. D'où l'idée de proposer des Journées du livre d'histoire. La ville d'Uzès, elle, offre un cadre idéal pour une telle manifestation. Les dates proposées ne doivent rien au hasard, il s'agit d'un moment particulièrement fort au niveau de la fréquentation des visiteurs et presque l'assuance que le ciel sera clément.
L'an dernier, à pareille époque, malgré un temps incertain et un publicité un peu limitée, cette manifestation a obtenu un succès encourageant marqué par une fréquentation régulière, notamment lors des conférences. L'engouement pour le livre d'histoire trouvait dans l'intimité du jardin de l'Evêque sa légitimité. Une formule simple peut caractériser ces journées : « de l'histoire d'Uzès à l'histoire du monde, de l'Antiquité à l'histoire immédiate ». Les organisateurs proposeront aux visiteurs des livres neufs, qui viennent d'être publiés (ils sont nombreux), et des livres d'occasion, certains pouvant être anciens. Un vaste choix est donc prévu. Le prix des livres sera lui aussi très ouvert : de quelques euros à beaucoup plus.
Chaque jour, seront proposés des débats, des rencontres et, le soir, un spectacle. Côté organisation matérielle, les exposants s'installeront le samedi matin à partir de 8 h 30. Les Journées seront ouvertes au public de 10 heures à 19 heures (entrée libre). Le rangement s'effectuera le dimanche à partir de 19 heures (sauf pour le spectacle du soir). Un gardiennage est prévu pour la nuit du samedi au dimanche.
Seront accueillis des bouquinistes, des libraires et des maisons d'édition. Les auteurs sont aussi les bienvenus. Chaque participant s'engage à contribuer, selon la forme qui lui convient, à faire connaître la manifestation. Les inscriptions sont prises dès maintenant et seront effectives dès le règlement de la participation aux frais d'organisation (20 €). Pour le séjour à Uzès, on peut utilement contacter l'office de tourisme au 04 66 22 68 88. Il ne reste plus qu'à souhaiter une météo clémente pour cette deuxième édition des Journées du livre d'histoire à Uzès.
Renseignements : Inclinaison 20, rue du Docteur Blanchard, à Uzès. Site : www.inclinaison.fr
08:03 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : livre
Programme: Livre d'histoire
A l'ombre de la Tour Fenestrelle, dans la cour de l'Evêché.
Samedi 15 Août:
à 10 heures, ouverture des stands ;
à 12 heures, inauguration des Journées ;
à 15 heures : Mai 68, quelle trace dans l'histoire ?, débat introduit et animé par Hélène Desbrousses, chercheur honoraire au CNRS ;
à 19 heures : fermeture des stands ;
à 20 h 30 : théâtre, Zoo de Vercors, une création de la Troupe de la cité.
Dimanche 16 Août:
à 10 heures ; ouverture des stands,
à 15 heures : La Résistance dans le Gard , débat introduit et animé par Fabrice Sugier, professeur d'histoire, spécialiste de l'histoire économique et sociale contemporaine des Cévennes ;
à 19 heures, fermeture des stands.
A 20 h 30, théâtre Zoo de Vercors. Les stands (maisons d'édition, bouquinistes, libraires et auteurs) seront installés dans la Cour de l'Evêché à Uzès (Gard).
Les débats et le théâtre se dérouleront dans la salle polyvalente (même lieu).
En cas d'intempérie, toute la manifestation se déroulera dans cette salle.
Entrée libre excepté pour le théâtre (10 €).
08:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : programme
19.06.2009
Mémoire: Les charbonniers d'Aigaliers, Baron et Foissac

Le projet éducatif d'Aigaliers, Baron et Foissac, qui regroupe les associations Aphyllanthe, Aba, les Lutins et les Escoules, les enseignants et les élus locaux de ces trois villages, auxquels se sont jointes l'association du patrimoine de Baron et la bibliothèque de Foissac, a effectué un travail fort intéressant sur la mémoire des anciens charbonniers désireux de transmettre leur histoire.
Bénéficiant du soutien du Conseil général, de la direction de la Jeunesse et des Sports, du Pays Uzège Pont du Gard, dès 2007 des bénévoles ont effectué un vaste travail de collecte basé en premier lieu sur la récolte de témoignages à la fois des anciens charbonniers et des habitants qui les ont côtoyés quand ils exerçaient encore leur profession. Ils ont photographié d'anciens outils et ont enregistré les entretiens, tout en recueillant des objets et des photographies. La synthèse de leur travail était effectuée par Audrey Sibellas, stagiaire du master valorisation et médiation des patrimoines de l'université Paul-Valéry de Montpellier.
Les premiers fruits de ce dossier ont été présentés en juin 2007 à Bourdiguet. Une balade contée, une exposition, des démonstrations de l'usage des outils ont permis de découvrir l'univers des charbonniers. Le but est de créer un sentier de randonnée dédié à cette histoire sur les trois communes.
Jusqu'au milieu du XIX e siècle, l'activité de charbonnage était surtout pratiquée par les paysans et les artisans qui exploitaient la forêt selon leur besoin, sans que cela soit considéré comme un métier à part entière. Cette activité devient ensuite une spécialité aux mains des Auvergnats, puis des Italiens, à mettre en parallèle avec la vague d'immigration italienne entre les années 1870 et 1914.
Les immigrés italiens des communes d'Aigaliers et de Baron sont majoritairement issus de la région de Bergame. Les Bergamasques sont spécialisés dans le bûcheronnage depuis des siècles. La plupart sont venus au début du XX e siècle pour trouver du travail et faire la saison. Ils repartent en Italie lors de la Première Guerre mondiale et fondent une famille. La crise sociale et économique italienne au début des années 1920 et l'instauration du régime fasciste par Mussolini les poussent à revenir en France, où ils se remettent à fabriquer du charbon de bois.
L'année 2009 a été consacrée à la réalisation d'un film et à la préparation d'un lieu témoin, une ancienne cabane des enfants des charbonniers, située après Bourdiguet, sur le territoire d'Aigaliers. Dimanche 21 juin à partir de 9 heures, et jusqu'à 17 heures, va être reconstruite une charbonnière avec l'aide des anciens charbonniers. Une exposition est également prévue ainsi que la reconstitution d'un village de charbonniers par l'atelier d'arts plastiques.
07:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charbonniers
07.06.2009
Devoir de mémoire: Une présence appréciée et récompensée

Le 11 novembre dernier, pour le 90e anniversaire de l'Armistice de 1918, des élèves de la classe de troisième (histoire et géographie) du collège Jean-Louis-Trintignant ont demandé à participer à la cérémonie du Souvenir. Devant le monument aux Morts, plusieurs d'entre eux ont procédé à la lecture de lettres de Poilus adressées à leur famille. Ce fut un instant poignant.
Pour les remercier, l'association des anciens combattants, veuves et victimes de guerre de l'Uzège a proposé à leur professeur de leur offrir la visite du Musée militaire de l'Infanterie à Montpellier.
Cette visite a eu lieu lundi dernier pour les 26 collégiens encadrés par la principale du collège Mme Fagot-Barrey, par leur professeur Mme Billard et par le surveillant général M. Castel ainsi que par plusieurs anciens combattants et veuves.
Le groupe, qui était accompagné par Thierry de Seguins Cohorn, conseiller municipal d'Uzès chargé des relations avec les autorités militaires, fut reçu par le capitaine Montagne et plusieurs officiers et sous-officiers chargés de commenter la visite.
Les 14 salles du musée furent visitées, ponctuées d'explications fort précises et intéressantes, avant un repas mess de la garnison.
L'après-midi fut consacré à des démonstrations des nouvelles armes et équipements de l'infanterie, ponctuée d'un instant mémorable, un tir réel en simulation au laser pour tous, au Famas (fusil d'assaut) avec chargeur de 10 cartouches, sur cible fixe. Enfin fut précisée la mise en place en temps de guerre d'une armée, du général au simple soldat, avec tout le matériel nécessaire.
Au terme d'une journée, jugée par les collégiens eux-mêmes, « intéressante pour la suite de leurs études et qui restera à jamais gravée dans leur mémoire », le retour, après un moment de détente au foyer du soldat, se passa sur le thème de la séance de tir où les filles se sont avérées plus performantes que les garçons.
Paul Parment, président des anciens combattants de l'Uzège, fut impressionné par la conduite exemplaire de ces collégiens : « Toute la journée, ces élèves ont fait preuve de discipline et d'une grande correction. Ils ont bien observé les consignes reçues. Ils nous ont déclaré leur gratitude pour notre geste envers eux. De notre côté, comme nous les remercions de leur amabilité et de leur gentillesse. Grâce à eux, ce fut une réussite totale. Nous avons même trouvé la journée trop courte. » A ces louanges, il convient évidemment d'associer le personnel enseignant et les autorités militaires qui ont permis aux anciens combattants uzégeois d'accomplir un réel travail pour le devoir de mémoire, fort apprécié.
09:13 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mémoire





