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05/01/2011

Histoire: la rue Saint Théodorit berceau de la cité

Saint Theodorit.jpg

Qu'elle est la voie publique  la plus pittoresque, la mieux restaurée et la plus chargée d'histoire d'Uzès?  Pour qui connaît bien la cité ducale, la réponse est évidente: la rue Saint Théodorit qui relie le Portalet à la placette Saint Laurent.
st théodorit 02.jpgUne rue qui jouit d'une aura atypique , due aux vestiges du passé, que Chateaubriand soullgna dans les mémoires d'outre-tombe (1848):« Il y avait dans le diocèse d'Uzès une belle et pure fontaine, laquelle changeait de place lorsqu'on y jetait quelque chose de sale. Les consciences d'aujourdhui ne se dérangent pas pour si peu.» Il s'agit de cette source qui sourd au pied de cette rue, baptisée Saint Théodorit en souvenir du martyr , patron de la cathédrale, autour de laquelle s'installa Ucetia et qui, à force de recevoir des saletés, s'est fixée là, dès l'époque gallo-romaine, voire quand les Grecs  y firent escale.
Lors de la construction de la médiathèque, des vestiges provenant d'un mur de rempart de tradition hellénistique ont été retrouvés. Jean-Claude Bessac, chercheur au CNRS, estimait que cette enceinte aurait été construite au moins un siècle avant JC.
Le quartier est donc fort ancien et se déversait, si l'on peut dire, vers la vallée de l'Eure. Lé déclivité et l'étroitesse donne son charme à cette rue magnifiquement restaurée.sous la conduite de l'architecte Ariel Balmassière qui a conçu, voilà quelques années, un revêtement de sol inédit et esthétique. Un dallage bien cordonné a pris la place des incommodes calades et le fort dénivelé a été  compensé par une gradinage en pas d'âne,  c'est à dire avec la succession dune petite marche et d'une pente.
Louis XIII ne reconnaitrait pas, évidemment, la venelle caladée qui menait à son logis, fréquenté avant  lui  par Philippe de Valois en 1344 lors de sa visite au pape en Avignon, et Louis VIII, en 1226, pendant la guerre des Albigeois, lorsqu'il investit Uzès le 10 juillet 1629. C'est la visite la plus connue.
Alais venait de se rendre et la paix éponyme venait d’être proclamée. Les députés d’Uzès manifestèrent leur soumission au Roi et à Richelieu qui s’étaient installés avec leur armée à Saint Chaptes. Les délégués du Roi étaient reçus par les consuls d’Uzès qui furent avertis le 9 juillet 1629 que le Roi entrerait dans leur ville « non point par une Porte, mais bien par une brèche pratiquée symboliquement dans les remparts ». Durant toute la nuit, des Uzétiens abattirent un pan de rempart à hauteur du Portalet et agrémentèrent à l’aube l’ouvrage d’un arc de triomphe. Trois pièces furent aménagées dans la tour du Roi. Vers midi, le roi franchit la brèche à cheval, descendit de sa monture et, à pied, suivi par sa cour, monta la rue déjà pentue de Saint Théodorit pendant que ses mousquetaires formaient une haie. Le 11 juillet 1629 Louis XIII donna un édit daté d’Uzès, mais qui porte le nom d’édit de pacification de Nîmes, par lequel il rétablit partout la religion catholique, ordonne la démolition des remparts et châteaux dans toute la région, ratifie solennellement l’édit de Nantes et proclame la liberté pour tous « de pratiquer la religion prétendue réformée.»

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