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03/01/2010

Tradition: la mort du cochon d'un temps presque oublié

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Naguère, peu avant les fêtes de fin d'année, on tuait le cochon à la maison. Ce n'était pas à cause de l'absence à Uzès d'un abattoir : il y en avait un rue de l'Escalette. Mais c'était une tradition familiale.

Nombreux étaient ceux à élever, en ville (Uzès était en fait une grosse bourgade à la campagne) un ou deux porcs, de préférence des truies, qui deviennent plus grosses. La nourriture était facile à trouver : du grain glané et des glands ramassés dans la garrigue toute proche. Pas de pain, ni de pommes de terre, aliments précieux à ne pas gaspiller. Voire de régulières promenades dans la nature toute proche !

 A l'approche de Noël et des fêtes générant d'abondants repas, la bête était saignée par le "saouaire", dans un assourdissement de cris stridents. Une toilette à l'eau bouillante la rendait "propre" à une minutieuse transformation. C'était alors l'affaire de toute la famille et des amis, aidés parfois par un charcutier à façon, de confectionner durant plusieurs jours les charcuteries les plus diverses qui, toute l'année, à l'abri dans des caves tempérées, allaient servir de base à l'alimentation. A l'occasion était offert aux voisins et amis, un "présent" constitué de viandes et produits à consommer bien vite. C'était un bon moyen de renforcer la convivialité, un esprit de village qui trouvait son essor à la belle saison, lorsque la population se retrouvait pour prendre le frais dans la rue.
Un témoin, survivant de cette époque, raconte : « Rue Petite Bourgade, vivait le Rémounet qui outre ses dons de guérisseur, saignait les porcs. Durant la dernière guerre mondiale, cette opération à domicile était interdite et la main du Rémounet, âgé, était devenue moins habile, si bien que les cris du supplicié pouvaient alerter tout le quartier. Une sentinelle était donc placée pour avertir d'une arrivée des forces de l'ordre qui, ayant d'autres préoccupations, ne se manifestèrent jamais. »

Le Rémounet est mort trois fois : les deux premières, il surprit son monde en revenant à lui ; la troisième, il se passa quelque temps avant que l'on se rendît compte qu'il n'était plus là.

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